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L’Humain et la Machine

L’Humain et la Machine

Chères lectrices, chers lecteurs,

J’étais à deux doigts de ne pas tenir ma promesse de mettre chaque semaine un extrait de NEMESIS sur le blog en relation avec l’actualité. Celle ayant trait au conflit social provoqué par les propositions du pouvoir en place sur les retraites conserve sans conteste la tête du classement des sujets d’actualité. J’ai donc décidé de vous soumettre un nouvel extrait de la partie du chapitre V consacrée à ce thème.

« Pour montrer les limites du raisonnement que tiennent les promoteurs des réformes des retraites, interrogeons-nous d’abord sur ce qu’il adviendrait dans un monde imaginaire où la Machine prendrait en charge la quasi-totalité de la production. L’évolution du rôle de la Machine dans nos processus de production est depuis longtemps déjà une source d’inspiration des auteurs de science-fiction qui les conduit fatalement à imaginer des situations aussi extrêmes. En pratique, il y aurait si peu de gens en « activité » que le financement des « inactifs » deviendrait totalement impossible, quel que soit le système envisagé, par répartition ou par capitalisation. Cela démontre que le financement des retraites ne peut être réalisé seulement par prélèvement d’une fraction de la contribution des humains à la production de richesse ; il doit aussi l’être par une contribution appropriée de la Machine.

Pourtant, la remise à plat du financement des retraites n’a jamais été envisagée. Tout au plus a-t-on depuis vingt ans accumulé des réformes qui sont autant de cautères sur une jambe de bois avec pour résultats une diminution des revenus des retraités, une augmentation des années en emploi, une aggravation du chômage et un financement du système qui n’est pas assuré à long terme. »

Bertrand

Que le temps soit avec vous!

Que le temps soit avec vous!

J’ai pris une décision qui devrait aider les hésitants à lire l’essai auquel est consacré ce blog: je vais m’astreindre à y placer chaque semaine un extrait du livre qui fait écho à l’actualité du moment. Celle-ci étant largement dominée par le combat que mène un grande partie de la population pour éviter une nouvelle dégradation de notre système de retraites, je vous livre un extrait du chapitre V (pages 387) qui aborde cette importante question de société. J’en profite pour souhaiter de belles lectures à toutes et à tous en 2020 et par dessus tout, une excellente santé!

Bertrand

« Soulignons que ceux qui ont la malchance d’être les titulaires de bas revenus subissent le plus souvent une quintuple peine :

1 Conditions de travail difficiles ;

2 Salaire de survie ;

3 Qualité de vie médiocre ;

4 État de santé conduisant à une longévité réduite de plusieurs années et à une retraite amputée d’autant d’années;

5 Pension de misère.

Voilà qui nous rappelle qu’il est pour le moins paradoxal que l’on entende qu’il faille encore continuer à reculer l’âge de départ à la retraite dans un pays comme la France qui compte des millions de chômeurs et où l’âge moyen de sortie du monde du travail rémunéré se situe à 58,5 ans, comme nous l’avons déjà indiqué, tout cela parce que le mode de financement existant ne peut être résolu que par des mesures qui visent à réduire, année après année, le pouvoir d’achat des retraités et des cotisants, tout en privant de plusieurs années de temps libre les travailleurs les plus pénalisés par une moindre espérance de vie. Parmi toutes les violences qui s’exercent dans ce monde, il en est une qui est silencieuse comme le temps qui passe, mais inacceptable : c’est celle qui consiste à réduire injustement pour des millions d’êtres humains cette chose si précieuse qu’est le temps libre en bonne santé! »

Comment dire tant de choses en si peu de mots…

Comment dire tant de choses en si peu de mots…

J’aime l’intimité de ces salons à taille très humaine comme le Salon du Livre et du Jeu qui vient de se dérouler pour la deuxième fois ce samedi 14 décembre 2019 au centre socioculturel Nelson Mandela de Brétigny sur Orge. Nous étions une trentaine d’auteurs à être réunis dans une même salle, confortablement installés et coucounés par les organisateurs que je remercie ici pour l’accueil qu’ils nous ont réservé. Sans trop de surprise, la matinée fut calme, ce qui permit des échanges informels entre auteurs sur leurs livres et sur eux-mêmes…

Les rencontres avec les visiteurs de ce salon eurent donc lieu surtout l’après-midi, sans doute pas aussi nombreuses qu’espéré, mais comme à l’accoutumée, leur qualité fut très inégale. Je passe sur les visiteurs qui faisaient le tour des tables sans s’arrêter et dont il n’était pas même possible d’intercepter le regard ; sans doute la plupart d’entre eux se comportent-ils ainsi par timidité ou par crainte de se sentir obligés de faire l’achat d’un livre s’ils engagent une discussion avec un auteur. A ces visiteurs-là je le dis tout net : un auteur se sentira moins frustré si après une présentation de son ouvrage vous ne prenez pas la décision de l’acheter, que si vous passez devant lui sans un regard, car ce qui importe peut-être le plus dans ce genre de manifestation, c’est qu’il y ait des rencontres effectives et des échanges, même s’ils sont brefs !

En ce qui concerne celles et ceux qui consentent à marquer un arrêt, je rencontre pour ma part les plus grandes difficultés à parler en quelques mots d’un essai de 412 pages qui aborde autant de sujets. Convaincre en si peu de temps un visiteur plus ou moins pressé que cet ouvrage est une mine d’informations et de réflexions qui vont le surprendre et l’amener à découvrir notre monde sous d’autres perspectives est une entreprise difficile, dont l’issue dépendra pour beaucoup de la personnalité et de l’état d’esprit de l’interlocuteur qui se trouve devant votre table ; parfois, il faut dépenser beaucoup de salive sans pour autant convaincre de l’intérêt de lire un tel ouvrage, parfois la persévérance est récompensée, parfois encore la décision de prendre le livre est obtenue très vite et sans beaucoup d’efforts. Pourtant, le taux de « réussite » est souvent décevant et je m’interroge alors sur la pertinence de mon argumentation…

Peut-être la participation à ce salon m’aura-t-elle aidé à trouver une réponse à mes interrogations, et j’en profite pour adresser un nouveau compliment au directeur du centre et à son équipe pour avoir demandé à un comité de lecture de prendre connaissance des ouvrages qui seraient présentés et de formuler pour chacun d’eux une appréciation en quelques mots. Ainsi, Jean, membre de ce comité, mais que je n’ai pas eu la chance de rencontrer du fait d’un empêchement qui ne lui a pas permis de se rendre au salon, a proposé ce qui suit pour attirer l’attention des visiteurs sur mon livre :

« Vous êtes curieux ? Les « pourquoi » des « comment » vous intéressent ? Vous vous questionnez sur le monde dans lequel vous vivez et sur son avenir ? Vos cherchez des solutions innovantes ? … Alors entrez dans NEMESIS et laissez-vous guider dans l’essai de Bertrand Thébault. »

Je trouve que c’est assez bien vu comme message ! Et voilà qu’il me vient à l’esprit que je pourrais vous demander, vous lecteurs avisés et inspirés, de formuler à votre tour un court message comme celui de Jean qui vous semble bien refléter la tonalité et le contenu du livre.

Qu’en dites-vous ? Si plusieurs propositions arrivent sur le blog, j’essaierai soit de prendre celle qui d’entrée me paraîtra la plus percutante, et alors j’adresserai gratuitement un exemplaire du livre à l’auteur de cette proposition, soit je prendrai ce qu’il y a de mieux dans les diverses contributions pour en faire un assemblage aussi convaincant que possible ! Afin que l’exercice ne s’étale pas trop dans le temps, je propose de fixer un terme à l’envoi de propositions au 31 mars 2020.

A vos claviers !

Et joyeuses fêtes de fin d’année,

Bertrand

L’ancien monde a la peau dure

L’ancien monde a la peau dure

Il est des matins où l’on pense, comme aujourd’hui, la température étant redevenue plus supportable et la nuit ayant pu apporter un sommeil réparateur, que vous allez être dans de bonnes dispositions pour commencer une journée qui promet d’être sereine et productive. Et puis patatras ! Vous avez eu la mauvaise idée d’allumer la radio et vous tombez sur un invité de France Inter qui vous démolit votre bonne humeur matutinale !

L’invité en question était monsieur Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC et ancien commissaire européen, représentant caricatural de ce qui devrait être depuis longtemps l’ancien monde mais qui ne l’est malheureusement pas encore car des personnages influents comme lui défendent bec et ongles un système qui a fait faillite dans bien des domaines.

Le système du libre échange mis en place par cet avatar du GATT qu’est l’Organisation mondiale du commerce garantit la liberté particulière d’exploiter sans limite le potentiel humain et les ressources naturelles pour le plus grand profit de ceux qui s’y consacrent. Hélas, cette liberté de commercer sans entraves a provoqué des dégâts irréparables à l’environnement et soumis quelques milliards d’êtres humains à des conditions de vie qui vont d’une exploitation pure et simple de la force de travail s’apparentant parfois à de l’esclavage dans les pays-usines à bas coûts, à la précarité, au chômage et à la régression de la protection sociale dans les pays développés.

Pourtant, monsieur Lamy n’hésite pas à affirmer, avec ce ton de l’expert détenteur de la vérité, que les nouveaux accords de libre échange (ALE) qui sont passés au pas de charge par la Commission européenne sont une très bonne chose pour l’humanité et l’environnement, notamment parce qu’ils sont une réponse à l’odieux monsieur Trump qui ose dénoncer le fameux Accord de Paris, rendez-vous compte ! En somme, c’est grâce au nouvel accord entre l’UE et le MERCOSUR que monsieur Bolsonaro ne s’est pas retiré de l’accord en question, comme si cela allait empêcher le dictateur brésilien de poursuivre ses crimes contre les populations de l’Amazonie et la destruction à grande échelle de cette forêt qui est encore le poumon de notre planète. Mais si Donald n’avait pas dénoncé l’Accord de Paris, cela aurait-il changé quoi que ce soit aux décisions calamiteuses de l’UE ?

Seule consolation en ce début de journée, les auditeurs qui ont pu s’exprimer sur l’antenne de la matinale de France Inter ont souligné avec pertinence les contradictions de monsieur Lamy dont les réponses ont été de parfaits spécimens de la langue de bois.

Bertrand Thébault

Notre-Dame, bien sûr…

Notre-Dame, bien sûr…

Avant de quitter Paris où j’avais déjeuné ce 17 avril avec une amie écrivaine – ou auteure, autrice, c’est comme vous voudrez -, je me suis arrêté sur le chemin du retour à la station de métro St Paul d’où j’ai pu en quelques minutes de marche atteindre le pont des Tournelles qui relie la rive gauche de la Seine à l’île St Louis. L’endroit est parfait pour observer Notre-Dame du côté où l’on pouvait voir encore il y a trois jours les élégantes toitures de la nef et du transept. D’ailleurs, les télévisions se sont postées sur ce pont, CNN en tête, ainsi que de nombreux curieux, touristes et parisiens, pour filmer, regarder et commenter le désastre. Seule la structure minérale est encore là, sans doute fragilisée par les hautes températures que les pierres ont subies. Assez curieusement, les arcs-boutants me semblent d’une longueur disproportionnée par rapport à la largeur de la nef, plus étroite qu’elle ne paraissait avec sa toiture. Les pignons sud et nord du transept sont maintenant comme isolés du reste de la structure, ce qui leur donne un air de vulnérabilité.

Mais les deux hautes tours de la façade continuent à dominer majestueusement l’île de la Cité et ses abords, et leur allure imposante, comme si elles étaient là en gardiennes invincibles pour protéger le reste de l’édifice, nous fait comprendre que la grande Dame retrouvera un jour tout son lustre. Puissions-nous être encore de ce monde pour le voir!

Les fonds affluent pour la reconstruction ; tant mieux ! Mais il y a pourtant comme un malaise avec ces annonces complaisamment relayées par les médias dominants, à savoir ce concours de surenchères de nos milliardaires; 100, 200, 300 millions d’euros, qui dit mieux ? Cet argent si peu gagné et tant volé, fruit de l’exploitation de travailleurs lointains que lesdits milliardaires ne rencontreront jamais, de l’évasion fiscale qui prive nos finances publiques des recettes qui permettraient non seulement de reconstruire Notre- Dame, mais de développer bien d’autres activités au bénéfice de tous les citoyens, y compris celles qui concernent la culture, cet argent si peu gagné et tant volé permettra donc à ces « grands patrons » de passer à la postérité grâce aux belles plaques de bronze ou de marbre qui seront apposées dans la cathédrale reconstruite et sur lesquelles on pourra lire leurs noms de « grands donateurs ». Combien donc d’indulgences peuvent rapporter 100, 200 ou 300 millions d’euros ? Et la foule immense des invisibles qui auront donné, peut-être en se privant, quelques dizaines ou quelques centaines d’euros pour Notre-Dame de Paris, où pourra-t-on lire leurs noms ?

Bertrand

Émergence d’un mouvement agonistique?

Émergence d’un mouvement agonistique?

Dans un article publié en 2007, Loïc Blondiaux, professeur à l’IEP de Lille II, discute des vertus et faiblesses de la « démocratie participative ». Onze ans plus tard, ces réflexions nous renvoient aux expériences en cours au travers du mouvement des « Gilets jaunes ». Parmi les nombreuses questions qu’il soulève, j’en retiens au moins deux.

  • Comment s’assurer que les modalités qui sont prévues pour organiser un débat permettront à toutes les catégories de la population de s’exprimer ? Ne doit-on pas craindre que ces modalités favoriseront ceux qui ont déjà acquis une expérience de la prise de parole dans le cadre d’activités associatives, syndicales, politiques, voire de leurs activités professionnelles et qu’ainsi les « invisibles » le resteront ?
  • Par quel processus formel, s’entend institutionnel, les résultats de ces débats pourraient-ils aboutir à une prise en compte au niveau législatif si l’on admet qu’à ce stade les décisions resteraient de la compétence d’une assemblée représentative ? Autrement dit, comment s’assurer que les deux formes de démocratie, participative et représentative, peuvent entrer en résonance, s’harmoniser ou se compléter sans s’opposer ? Question subsidiaire : que se passe-t-il si aucun consensus n’est atteint à l’issue des débats ?

Pour le peu que nous en savons, le mouvement des Gilets jaunes apporte des éléments de réponses à ces questions.

Sur la première question, le fait nouveau maintes fois rappelé concerne le profil des GJ qui le plus souvent – expression il est vrai très approximative – n’ont pas d’expérience de la lutte sociale, syndicale ou politique. Il faudrait peut-être de plus en plus dire, au fur et à mesure que les semaines s’écoulent, « n’avaient » pas cette expérience ! Car évidemment, tous ces gens qui n’étaient « rien » et invisibles apprennent sur le tas, dans les ronds-points, les villes et tous les lieux où ils se retrouvent, le b.a.-ba du combat social et mieux encore, ont inauguré une forme d’action qui leur donne le temps de l’échange, de la discussion, bref de développer des analyses pour comprendre le monde dans lequel ils vivent ou survivent, analyses qu’ils énoncent dans un langage compréhensible non seulement d’eux-mêmes, mais de tous les citoyens que nous sommes. De sorte que les GJ vont être de mieux en mieux armés pour débattre, ce qui devrait permettre à tous de prendre la parole et de se faire entendre. Nous sommes en quelque sorte devant un processus d’autoformation populaire et citoyenne qui, s’il venait à concerner une majorité d’entre nous, devrait donner un renouveau inattendu à notre démocratie et peut-être à celle d’autres pays dans le monde si l’on en juge par la contagion planétaire que commence à prendre ce mouvement.

La seconde interrogation est bien sûr liée à la première : il faut que d’une manière ou d’une autre les modalités d’organisation du débat puissent conduire aux changements institutionnels ou législatifs souhaités. La première condition consiste à ne pas limiter les sujets à mettre sur la table : il ne doit y avoir aucun tabou ni aucun « domaine réservé » aux détenteurs actuels du pouvoir lorsqu’est lancée la discussion. Au stade actuel, les sujets abordés par les GJ nous mettent en présence d’une sorte de puzzle dont les pièces sont éparses, mais qu’il va falloir ensuite remettre en ordre de manière à faire apparaître une image lisible et cohérente, car en effet, il n’y a pas un aspect de la vie en société qui ne soit rattaché, plus ou moins visiblement, à tous les autres ; j’ai montré par exemple dans NÉMÉSIS Remettons le monde à l’endroit que le morceau du puzzle qui s’appelle « état de santé » possède des éléments de frontière communs à l’ensemble des activités humaines à tel point que j’ai suggéré que tout projet de loi devrait être évalué à l’aune de son innocuité pour la santé, élément central du bien-être.

Ajoutons que le monde que nous ont construit les dominants est d’une grande complexité, ce qui a pour conséquences de tenir à distance ceux d’entre nous – ils sont largement majoritaires – qui ne possèdent pas toutes les clés pour en comprendre les tenants et aboutissants, mais protège les détenteurs du pouvoir, puisque eux seuls ont les moyens de naviguer à leur aise dans ces jungles législative, réglementaire, juridique, économique et financière. Et ce n’est pas le processus autodidacte des ronds-points qui suffira à mettre en forme et en cohérence les demandes exprimées par les GJ et tous ceux qui, avec ou sans gilet, auront décidé de se joindre au mouvement de contestation transformé en force de proposition. Il paraît donc difficile de se passer de la coopération de spécialistes dont l’objectif principal ne sera pas de remettre en cause les orientations décidées par la majorité des citoyens ayant pris part au débat, mais bien de les mettre en forme et en cohérence. C’est précisément le processus envisagé dans le programme présidentiel « L’avenir en commun » de la France Insoumise qui propose de mettre sur pied une assemblée constituante chargée de délibérer sur les éléments fondamentaux d’une nouvelle constitution pour la France, mais ces éléments ne pourront être traduits dans le langage approprié qu’avec la participation de juristes en droit constitutionnel puisque les délégués à l’assemblée auront pu par exemple être choisis par simple tirage au sort.

Enfin, si certaines propositions devaient être soumises à l’approbation du peuple par referendum, il conviendrait de respecter deux principes fondamentaux :

  1. Éducation populaire : pour que le vote des citoyens soit exprimé en toute connaissance de cause, le calendrier référendaire doit laisser un temps suffisant à chacun – fixons un ordre de grandeur entre neuf et douze mois – pour s’informer des données du problème posé et tout doit être mis en œuvre pour apporter les informations indispensables à sa bonne compréhension. Ce ne sont pas les médias qui doivent jouer le rôle principal, mais bien les rencontres dans lesquelles les discussions se dérouleront entre partisans de telle ou telle option en présence de spécialistes aussi indépendants que possible. Peut-être les GJ devront-ils alors se déplacer des ronds-points à des salles de réunions comme ils ont déjà commencé à le faire ! Mais les médias devront quand même jouer leur rôle et seront jugés au vu de la manière dont ils rendront compte de ces débats…
  2. Nature du choix : il ne s’agit pas de refaire le genre de pseudo choix qui avait été proposé au peuple en 2005. Ce référendum sur le projet de traité constitutionnel dans lequel la réponse devait être oui ou non était une parodie de démocratie (ce point a aussi été largement disséqué dans l’essai cité supra). Le choix doit bien être entre A et B en excluant le choix limité à Oui ou Non. Un tel choix s’imposera d’ailleurs le plus souvent par absence de consensus, ce que laisse supposer le mouvement des GJ au stade actuel : il est clairement agonistique compte tenu du grand écart qu’il fait entre les positions irréconciliables de l’extrême droite et de la gauche humaniste, sociale et écologique.

En attendant 2019

En attendant 2019

L’éveil des consciences au monde, à sa misère morale qui conduit à la misère concrète, visible et douloureuse de tant d’êtres humains, mais aussi à ses grandeurs, à toute cette créativité qui n’ose s’exprimer, à la solidarité parfois honteusement empêchée de se manifester envers les parias de la Terre, oui cet éveil des consciences serait sans doute la plus belle des surprises. Pour y contribuer, même très modestement, faites lire et relire sans modération NÉMÉSIS  et Remettons le monde à l’endroit!

Très bonne année à toutes et à tous,

Bertrand Thébault

Les couleurs de l’automne

Les couleurs de l’automne

Guillaume Apollinaire est mort il y cent ans – le 9 novembre 1918 exactement – non pas de sa blessure de guerre, mais de la grippe espagnole. Il évoquait le monde dans lequel il a trop brièvement vécu avec un talent éblouissant. Parmi les centaines de poèmes qu’il a composés – je dis composés et non écrits, car la poésie est une musique faite de mots – figure ce court poème dans lequel il parle de l’automne qui a « fait mourir l’été » et de ces « deux silhouettes grises » qui s’en vont lentement dans le brouillard.

En ce début du mois de décembre, l’été est bien mort et enterré et les dernières feuilles ont été ramassées dans mon jardin. Oubliées les longues journées d’un été sans fin baignées de soleil mais sans qu’une seule goutte de pluie ne vienne les rafraîchir. La grisaille et l’air humide se sont installés, la nature s’est endormie et le manque de lumière incite à la mélancolie.

Pourtant, ce ne sont pas des silhouettes grises qui apparaissent dans les brumes matinales, mais une multitude colorée comme si les premières jonquilles étaient déjà écloses alors que nous ne sommes qu’aux portes de l’hiver. Et de ce va et vient coloré qui gagne nos villes et nos campagnes monte une clameur faite de cris, de chants et de protestations qui nous indiquent que ce ne sont pas des fleurs, mais bien des humains qui colorent cet automne improbable.

Et lorsque l’on s’approche pour mieux entendre leurs paroles, on comprend alors qu’ils doivent être les messagers de Némésis et que, ulcérée par l’arrogance de ces humains qui vivent dans la plus extrême opulence, la déesse s’est levée en brandissant son glaive et a décidé que l’heure était venue de leur infliger un châtiment mérité.

Bertrand Thébault

Une victoire pour NÉMÉSIS

Une victoire pour NÉMÉSIS

Chaque jour qui passe, l’actualité nous apporte de nouvelles informations qui sont en étroite relation avec le contenu de mon ouvrage. Cela devrait m’inciter à réagir et à commenter régulièrement cette actualité comme le ferait un éditorialiste dans un organe de presse. N’étant pas journaliste, je m’y suis jusqu’à présent refusé. Surtout, je ne souhaite pas que ce blog déflore un peu trop les sujets que j’aborde dans mon essai afin que mes futurs lecteurs aient le plaisir de les découvrir au fil des pages.

Mais aujourd’hui je ne peux plus résister à l’envie de vous manifester ma joie devant cette annonce de l’arrestation par la police japonaise de Monsieur Carlos Ghosn à la descente de son jet privé. Et cette joie serait sans nul doute partagée par la déesse NÉMÉSIS ! J’ai largement évoqué dans mon livre l’indécence de ces dirigeants qui n’hésitent pas à demander des salaires et gratifications de toutes sortes à des niveaux proprement extravagants. Je ne sais pas si l’accusation d’avoir dissimulé au fisc des revenus s’élevant à 39 millions d’euros sera confirmée par la justice, comme d’autres soupçons qui pèsent sur lui, mais qu’importe, ce seul chiffre parle de lui-même : comment peut-on décemment recevoir de telles sommes d’argent pour faire un travail sans doute harassant, mais sans doute aussi extrêmement passionnant ? En 2016, Carlos Ghosn avait reçu 7,5 millions d’euro en tant que PDG de Renault et 8 millions supplémentaires de Nissan, soit 15,7 millions d’euros. Je cite dans NÉMÉSIS des professionnels aux lourdes responsabilités ayant des formations de très haut niveau et qui œuvrent dans bien des domaines essentiels sans avoir de telles prébendes !

Voilà un cas de plus qui me conforte dans les analyses que j’ai présentées dans ce livre.

 Bertrand THEBAULT